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Valeurs : du mieux au moins bien et du bien au mal...

paul robin educationLe problème de la notation est un problème de surface, un arbre qui cache une forêt. La note conclut une évaluation, elle-même conséquence de la valeur donnée à des actes, des personnes, des choses… des marchandises ? Il y a deux sources au jugement de valeur: ce que je pense moi -- allez donc étalonner avec tant de subjectivité ! -- et ce que pense le plus grand nombre -- vous savez, ce bon sens commun sous dépendance, de l'air du temps, des pouvoirs économiques, politiques ou scientifiques, des médias… Peut-on sortir de là ?
Jamais deux enseignants n'accorderont la même importance à tel ou tel type d'acquisition, non plus qu'aucun adulte parent n'aura jamais les mêmes attentes qu'un autre auprès de ses enfants. Qu'est-ce qui vaut quoi ? Qu'est-ce qui est mieux ? (Bien, mal, cela me rappelle un air sur lequel plus que jamais se chante -- se hurle certaine guerre…) Je sais l'histoire d'un adolescent extrêmement brillant en classe qui était tellement inapte à la vie quotidienne et matérielle que son père demanda, en toute confiance, au «cancre» de la classe de veiller sur lui et ses affaires, lors d'un voyage extrascolaire. Lequel de ces deux est le plus valable (!) même aux yeux de la société ? Ils ont tous deux leurs compétences, ils ont acquis des connaissances et des savoir-faire différents. N'estimez-vous pas que les deux sont indispensables ? La valeur de chacun, c'est qu'il est de toute manière indispensable à quelqu'un, à quelque chose, à quelques-uns. Et pas pour une valeur de 5 sur 10, ni même de 15 sur 20. Quoi qu'en pensent les pouvoirs pour lesquels les personnes ne sont jamais que chair à travail ou à canon.

Croyez-vous qu'il faille absolument être un chaînon institutionnel conforme à la demande de l'actuelle société, elle-même étrangère à tout sens coopératif et obnubilée par la rentabilité (que ça rapporte de l'argent, du pouvoir, du succès…) ? Nous risquons de finir par ne plus valoriser (i.e. bien évaluer) que les compétences qui permettent à l'élève, à plus ou moins longue échéance, d'être lui-même rentable ou, mieux, apte à rentabiliser son environnement matériel et/ou humain. De nos jours, les «matières nobles» qui permettent d'être remarquable scolairement ne sont plus forcément celles d'autrefois, qui étaient tout aussi dépendantes d'une mode, d'une économie. La valeur des gens dépend-elle de leur valeur marchande présente ?
Mettrons-nous une meilleure note à Rimbaud ou à Einstein ? à Freud ou à Pasteur ? à Marx ou à Picasso ? à Heisenberg ou à Alva J. Fisher (1) ? à Fernand Pelloutier (2) ou à Mozart ? Il y a peut-être un critère : celui du bénéfice que fait la Fnac avec leurs œuvres.

Dominique

1. Je sais, vous ne connaissez sans doute pas cet anonyme valable, inventeur du premier lave-linge électrique.
2.
Fondateur de la Fédération des Bourses du Travail.


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