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Un stage national du CAH s'est tenu à Marseille du 13 au 15
mars 2008.
Il était coorganisé par le CAH, Sud éduc 13, la
CNT éduc 13 et l'UDAS.
Jeudi matin : Rassemblement devant le
tribunal de Marseille en soutien aux parents de l'école de la
Paix - Jeudi après-midi : Historique et
droits - Vendredi matin : discussions en
atelier - Vendredi apès-midi :
Procédures disciplinaires, dossier professionnel - Vendredi apès-midi :
Base-élèves - Samedi matin :
Interprofessionnel - Contacter les organisateurs
De l’amuse gueule au dessert
Tâtonnement expérimental. C’est ainsi qu’a
commencé le stage dit
« hiérarchie ». Tout de suite mis dans le
bain par les pressions engagées par l’inspection
académique, le ton était donné et ne pouvait que
nous pousser dans les arcanes des « anti » passes
droits.
Après les avis défavorables d’un IEN pour sept
personnes d’une même circonscription, et les demandes
d’une inaccessible convocation pour des collègues
d’Aubagne, ce fut finalement un mail de l’inspection
académique à toutes les écoles refusant les
demandes de stage, ce qui finit de nous rassurer sur le bien
fondé de celui ci.
Malgré une mise au point syndical (SUD CNT Udas) rappelant nos
instances administratives au respect du cadre légal, la
démarche judicieuse de notre hiérarchie porta
néanmoins ses fruits. Elle n’émit aucun
démenti au près des écoles se contentant de ne
répondre qu’à un syndicat SUD. Cela permit
d’inquiéter quelques collègues qui de
manière compréhensive se désistèrent.
Or c’est bien de cela qu’il s’agit. Pression,
harcèlement, intimidation, flirt aux frontières du droit,
manipulation de l’information… CertainEs d’entre
nous continuent à en douter ? Notre matinée de
travaux pratiques au procès révéla pourtant la
nature des personnages, hautains, et finalement tremblant,
frémissant comme chacunE d’entre nous en pareille
circonstance. Nous continuons de l’affirmer, avec le
poète, « je pisse, j’éjacule, je
pleure » (1). Ils ne sont que cela, la gente masculine bien
campé au milieu des trois, le féminin s’y
retrouvera sous d’autres gestes.
Voilà ce que nous nous sommes dits durant deux jours et demi de
comportements humanistes et par conséquent
antihiérarchiques.
La légalité, nous l’avons pour nous. Le refus
d’une inspection qui n’est qu’un des axes possibles
pour faire redescendre de leur hauteur nos hiérarques, qui
oublient que l’obligation de discrétion fait fi d’un
devoir de réserve inexistant. Nous rappelons aussi à nos
directeurs qui sont encore nos paires, que les évaluations
relèvent de nos outils loin des préoccupations
concurrentielles de l’entreprise Education nationale.
Bien sûr, nous ne sommes pas à l’abri de
l’arbitraire disciplinaire, confronté au triplex
académique « accusateur, juge, procureur »
Les schizophrènes n’ont qu’à bien se tenir
face à Monsieur « trois en
un »…D’autres chemins sont à
l’étude qui rendrait ses droits à la défense
et un peu plus de liberté à l’individu
au-delà des rapports de force syndicat – administration.
Le plus préoccupant était sans doute à la Base,
l’élève, l’enfant, le jeune…Ficheurs,
il nous faut devenir faucheurs dans les plus brefs délais.
Faucheurs de stage direction, faucheurs de silence aux sorties
d’école, faucheurs de données informatiques…
Nos camarades de la poste, des télécoms, travailleurs
sociaux, sont venus nous le redire. Les managers, les pilotages, les
évaluations, les rendements, ils y sont, tout comme on nous y
pousse fermement.
Ce furent cinq demi journées durant lesquels d’Iles de
France, de Bretagne, d’Auvergne, d’Isère, de
l’Hérault rejoignant les Bouches du Rhône, une
cinquantaine de personnes ont partagé le désir et la mise
en pratique du tryptique : construction d’oppositions
inter-syndicales, Rappel aux réalités du droit,
volonté de résistance.
L’expérience se poursuit nationalement en contactant
contact@abasleschefs.org pour une inscription sur la liste
d’échange et en diffusant le lien suivant :
www.abasleschefs.org.
Marseille, le 19 mars 2008
(1) La Solitude, Leo Ferré
Jeudi matin : Rassemblement
devant le tribunal de Marseille en soutien aux parents de
l'école de la Paix
Prévenus : 3 parents accusés de violence, outrage et
intrusion illégale dans l'école de la Paix.
La juge était positionnée directement du
côté de la hiérarchie de l'Education Nationale.
Elle ne voulait pas que le contexte (classe de neige refusée,
refus d'inspection), soit un élément qui fasse partie des
débats. Ainsi, elle a essayé de refuser que des questions
soient posées par l'avocate de la défense à
l'enseignant témoin lors du procès, mais sans
succès devant l'insistance de l'avocate de la défense.
Rappel des faits :
...Le 19 décembre 2006, cinq parents d’élève
interpellent la directrice de l’école La Paix.
N’ayant pu obtenir une réponse par les voies classiques de
communication concernant la validation du séjour en classe de
neige prévu pour une des classes de l’école, trois
parents décident d’attendre sur place la réponse.
La réponse ne tardera pas à leur parvenir directement en
la présence de l’inspecteur de la circonscription
bientôt rejoint par l’Inspecteur d’académie
adjoint, Inspecteur Pédagogique Régional.
La réponse étant négative pour la classe de neige,
les parents décident de rester dans la classe concernée :
ils souhaitent qu’une date proche soit fixée pour la tenue
d’un conseil d’école extraordinaire.
L’inspecteur d’académie adjoint ouvrit alors le
dialogue en refermant la porte sur les doigts d’un des parents
qui tenta de se dégager, désireux de conserver son outil
de travail. Cela provoqua la chute du respecté personnage.
Au lieu d’en appeler au calme et à la sagesse
l’homme de rang courroucé appela la garde, BAC (Brigade
Anti Criminalité), pour se débarrasser des malotrus, la
parole et la concertation ayant été laissées de
côté.
Un des parents est convoqué devant le tribunal
correctionnel pour outrage et violence volontaire envers un
dépositaire de l'autorité publique. Il risque trois ans
d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
Les deux autres parents présents à ses
côtés, dont la présidente de l'association des
parents d'élèves (APE), sont poursuivis par l'Etat pour
être entrées illégalement dans l'école,
poursuite aggravée par le plan vigipirate. Elles sont passibles
d'une amende de 7 500 euros, de travaux d'intérêts
généraux et d'une inscription au casier judiciaire.
L’inspecteur d’académie adjoint , présent sur
place, est aussi convoqué en correctionnelle (violence sur
parents) après le dépôt de plainte d’un des
parents…
Audience :
Accusation-réquisition du procureur de la république
Le procureur de la République a requis une amende ferme
(1000€) pour un des prévenus accusé de violence et
5OO€ avec sursis pour les 2 autres. Il a argumenté sur le
fait que cette affaire soit partie d'un « simple refus de
classe de neige », qui pour lui n'était pas grave. En
effet, « dans une période de réchauffement
climatique, aller au ski de Marseille... ». Il a longuement
ironisé sur le préjudice subi par ce refus.
« cela a sûrement engendré des troubles
psychologiques, sexuels, etc. ». Il a gaussé le
militantisme des parents qui, selon lui, se sont introduits dans
l'école illégalement et ont agi politiquement devant des
enfants.
Il a défendu le principe de la hiérarchie qui est
« un ordre social que l'on ne peut nier ».
Une accusation d'outrage est portée contre un des parents pour
avoir qualifié l'inspecteur de « clown, minable et
bureaucrate ».
L'avocate n'a pas abordé les questions relatives au contexte de
la venue des parents sur l'école.
Défense
La défense a attaqué l'IA adjoint pour coups et blessures
à un des parents (fracture d'un doigt).
Il a été démontré que l'IA adjoint, qui
avait produit une ITT de 6 jours pour des coups de la part de parents,
était présent à une CAPD le lendemain des faits.
La défense a fait le parallèle entre le refus
d'inspection subi par l'enseignant, le militantisme syndical, les 10
photocopies réalisées sur le compte de la
coopérative scolaire pour RESF (dénonciation par lettre
de la directrice) et le refus de la classe de neige. Cette classe de
neige avait été préparée en partenariat
avec les parents, et était rare dans le quartier ZEP où
se situe l'école de la Paix.
Le parent incriminé a reconnu avoir qualifié l'inspecteur
de clown. La défense utilise une jurisprudence qui affirme que
les paroles proférées doivent être remises dans
leur contexte. Ainsi, la dénomination
« clown » faisait suite à un comportement
plutôt risible de l'IA : il avait couru après une des
parents d'élève et avait bloqué physiquement une
porte.
Les autres qualificatifs d'outrage sont contestés. La
défense affirme qu'ils ont été inventés par
la directrice.
Il est demandé la relaxe pour l'ensemble des prévenus.
Jugement mis en délibéré le 12 juin.
Un appel est prévu par l'avocate de la défense, si les
parents en sont d'accord.
Jeudi après-midi / Historique
et droits (Intervention de Jean François Fontana
–Sud educ )
Historique de la création du corps d'inspection.
Les premiers mouvements de refuseux après 68 ont d'abord lieu
dans le 2nd degré (Marseille, et Paris en 1971). Les
réponses sont très fortes: révocations et
suspensions.(Papinski,...)
78-79: Mouvement collectif de refuseux (80 instits de Seine et Marne).
Des sanctions tombent : blâme, avertissements et 3 demandes de
radiation, transformées en déplacements et
rétrogradation d'échelon. (Dernière commission
disciplinaire pour refus d'inspection).
79: arrêt des poursuites contre refus d'inspection.
Autour du Sgen, d'Ecole Emancipée, d'enseignants libertaires,
des réflexions sont lancées (brochures,...).
81 : Savary arrive
Le MEN (Ministère de l’Education Nationale) annonce un gel
des Inspections. La réflexion est lancée au sein du MEN
pour faire disparaître l’Inspection Individuelle. Un front
d'opposition (Inspection Générale,...) fait sortir un
texte « ceux qui refusent inspection ont une note de 12 ».
Pendant ce temps, la réflexion sur un nouveau statut de la
fonction publique est en cours. Elle aboutit à :
loi de 1983: « La notation n'est plus une obligation pour les
fonctionnaires ». Le MEN a maintenu la note (décision
interne). Le 13-12-1983 un texte annonce les modalités
d'inspection « Circulaire Savary ». Il s’agit
d’indications données aux Inspecteurs
d’Académie. C’est le dernier texte en vigueur. Son
point 9 prévoit le refus d'inspection, avec pour sanction
l’absence de note pédagogique.
Les collectifs de refuseux se développent, dépassant les
clivages syndicaux. (Paris: 350 refuseux instits).
Ils assurent que « [leurs] portes sont ouvertes à tous
ceux qui viennent en situation d'égalité. » Un
manifeste est signé par 1300 enseignants.
Février 1986: les collectifs locaux se fédèrent en
une coordination nationale. Une plate-forme nationale est
rédigée sur le refus de toute inspection.
Mai 1986 : Forum national à Paris.
De 86 à 95, 13 sessions de réunions pour coordonner les
actions, sortir le journal « Résistances ».
En 1995.... le mouvement social met en sommeil le collectif de refus
d'inspection, devenu le Collectif Anti Hiérarchie.
Période de sommeil.
En 1995, la réflexion est menée au niveau de
l’interpro. Le Collectif est relancé sur Paris à
l'initiative des Sud Paris et CNT Paris.
La situation aujourd’hui par rapport au refus d’inspection
C'est un droit!
L'Inspection ne figure dans aucun texte officiel ! L'arrêt du
Conseil d'Etat de 1993 stipule que la notation ne découle pas
obligatoirement d'une inspection. Il n’y a pas de
procédure particulière pour le refus d'inspection.
On peut refuser, mais l'inspecteur a le droit de nous le refuser. On
peut exiger que le corps d'inspection suive les directives officielles
(prévenir, inspection collective, etc...)
En 1997, réapparauit une procédure disciplinaire pour un
instit ayant refusé l'inspection.
Il est donc nécessaire connaître les droits en
matière d'inspection.
- On a le droit de faire un contre rapport (Il n’y a pas
d'importance à donner à une signature, un refus de
signature ou une acceptation n'a aucune valeur). A la place de la
signature inscrire « voir observations
ci-jointes ». C'est alors le contre rapport qui permet de
réécrire sa propre version des faits. On peut aller
jusqu'à demander l'annulation du rapport. Impossible d'aller au
Tribunal Administratif (TA) pour contester une note ou un rapport
(à moins d'atteinte à la personne). On ne peut demander
que d'autres collègues participent à l'inspection.
- Les délais: Si recours TA: délai de 2 mois.
- On a le droit de demander une contre inspection. Effectuée par
un autre IEN.
- Dans le cas de la note zéro, le Conseil d'Etat (nov 1993) a
répondu : « Tout fonctionnaire doit se voir
attribuer une note annuelle. » Il n'est nullement
écrit que la notation doit être
précédée d'une inspection.
- Les pièces obligatoires à fournir (registre d'appel,
emploi du temps ?)
- Dossier professionnel. L’IA doit fournir des photocopies des
pièces demandées (l’IA peut faire payer les
photocopies). Des recours sont possibles si on découvre des
pièces non connues avant. Légalement, il existe un seul
Dossier Professionnel déposé à l'IA. Les dossiers
présents dans les écoles ou établissements ou chez
IEN n'ont pas de valeur légale. L'IEN n'a pas accès au
dossier sauf si il y a une ouverture de procédure disciplinaire.
Un autre fonctionnaire n'a pas accès au dossier. Les documents
en possession d’un IEN ne peuvent se transmettre d’un IEN
à un autre, lors d’un changement d’IEN par exemple.
- Références auxquelles se rapporter : statut de la
fonction publique (1983). Un avertissement ne doit pas figurer dans le
dossier professionnel. Un blâme doit être retiré au
bout de 3 ans.
Vendredi matin : discussions en atelier
3 thèmes discutés en atelier – rendus ci-dessous
1. évaluation
2. pourquoi le refus d'inspection et que proposer
à la place?
3. Chefs d'établissement, EPEP...
Thème 1 :
groupe "évaluations"
Les évaluations nationales, en particulier la collecte des infos
au plan national, servent
– à classer les établissements
entre eux – ceci associé à la suppression de la
carte scolaire et donc la favorisation d'école ghetto
– à noter les enseignants en fonction
des résultats des élèves
– à distribuer les moyens en fonction
des résultats
Idée de rédiger un texte en direction des parents sur le
boycott des évaluations nationales obligatoires et un autre en
direction des enseignants sur la
nécessité/modalité de l'évaluation.
À Paris l'an passé, cette réflexion devait
déboucher sur une publication spéciale
évaluations, comprenant des pistes théoriques (qui font
suite à ce qui est déjà paru dans Le Couvre-Chefs)
et un appel ("Manifeste") à refuser les livrets en maternelle.
Une première version de cet appel a été
écrite mais pas encore diffusée.
Dans les Bouches-du-Rhône, Sud-éduc a eu une
démarche similaire avec un manifeste de refus de toutes les
évaluations en attente de publication (il a encore moins de 100
signataires) et un tract d'appel au boycott des évaluations
(nationales) intermédiaires, qui a reçu un bon accueil.
Par ailleurs, les rumeurs et autres affirmations concernant l'usage des
évaluations et les stages de "remise à niveau" vont bon
train :
Inspection d'office pour les enseignants qui ont des
élèves en difficulté (13) ; enregistrement sur
Base-élève des résultats individuels aux
évaluations dès 2009 ; "diplôme de français"
en 3e ENAF (non-francophones) dont on s'interroge sur la
finalité ; un inspecteur (78, mater, ZEP) a dit : "En fonction
des résultats aux évaluations, vous aurez des moyens pour
travailler sur le langage" (à rapprocher du discours de
l'inspectrice de Nanterre p. 14 du Couvre-Chefs).
Ces évaluation (nationales) serviront ainsi à un
classement des écoles, à l'évaluation des
enseignants ; elles sont partie prenante de l'imposition d'une "culture
de l'évaluation" ; elles seront utilisées comme
évaluations des dispositifs locaux (moyens, etc.). Elles portent
une augmentation de la distinction dans les écoles
(accroissement des inégalités). Tout cela ne concerne pas
que les collègues de CE1 ou CM2.
Il s'agit de les refuser. Quelle approche, boycott ou sabotage (mettre
100 % à tous) ?
Nécessité d'un mot d'ordre syndical pour couvrir les
collègues qui refuseront.
* Parallèlement au refus des évaluations nationales, il
nous faudra relancer le boycott des livrets en maternelle (et
rédiger une lettre-type d'explication à destination des
parents) ; vérifier l'annonce du ministère d'imposer ou
proposer un modèle national de livrets (ce n'est pas la
première fois) ; parler aussi des évaluations de
circonscription.
* Depuis, la CNT (http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=2033)
et SUD éduc Paris ont lancé un appel de refus des
évaluations nationales.
Thème 2 :
Pourquoi le refus d'inspection?
– refus de la hiérarchie tout court
– fait qu'une personne ait autorité sur des personnels
– notion d'égalité entre les individus -
– demande de changement de modalités
d'inspection et pousser les inspecteurs à bouger sur les
modalités d'inscription et à terme à faire en
sorte que le corps d'inspecteur disparaisse. Des expériences ont
eu lieu pendant 6 ans dans les hautes-alpes, l'inspecteur avait un
rôle de coordination.
– l'inspecteur ne peut pas juger, en tant
qu'individu, de la compétence d'un enseignant
– cohérence avec ce qui est fait avec
les élèves dans la classe – autonomisation des
élèves (émancipation) – pratiques
anti-autoritaires dans la classe
– obligation de travail – pas de raison
de rendre des comptes – nous n'avons rien à prouver
– faire progresser des idées
anti-autoritaires chez les collègues
– dénoncer le fonctionnent autoritaire
de l'école – école de dressage
– pas besoin de plus d'argent (mode de vie
différent)
– réponse à des pratiques
autoritaires d'un inspecteur
– traitement inégalitaire d'un point de
vue financier : avancement inégalitaire à
l'ancienneté
Que propose t-on?
– Proposition : absence de contrôle des
fonctionnaires ou contrôle par les enseignants eux-mêmes
– animateur pédagogiques élus,
nommés par les enseignants, pour une durée limitée
– ne pas proposer à l'institution mais
aux collègues
– échanges de pratique entre les
collègues – classes ouvertes
– pas de propositions à faire, elles ont
toutes été récupérées par
l'institution, utilisées comme outils de contrôle –
l'institution pourra retirer quand elle veut les aménagements
– créer un fonctionnement qui, dans un
premier temps, se passe du corps d'inspection avec des mises à
dispo pour visites de classe, travail dans la circonscription,
indépendamment des conseillers pédagogiques –
organisation autogérée des enseignants eux-mêmes
– on peut fonctionner déjà sans
hiérarchie
– dans un premier temps, progression au
grand-choix pour tout le monde comme les inspecteurs depuis 2 ans.
– suppression de toute hiérarchie :
inspection, conseillers pédas, directeurs, etc.
Question : tactiquement, comment faire ?
Thème 3 :
Chefs d’établissement, Epep
Primaire : EPEP (établissement d'enseignement primaire) avec un
directeur nommé par l'IA, déchargé à temps
plein, un CA avec pour moitié des gens de la mairie/IA et
l'autre moitié parents/profs.
Cela correspond au rapport Pochard (autonomie, notation), mise en
concurrence des établissements, suppression de la carte scolaire.
Rapport Pochard
Les chefs d'établissement vont vers un rôle de DRH.
Conseillers pédagogiques, nommé par le principal
Contrat d'objectif.
Pression sur les heures sup et les remplacements en interne.
Points communs primaire/secondaire
– rationalisation économique
(regroupement d'écoles)
– moins de démocratie, plus de pouvoirs
hiérarchiques
– spécialisation du travail
– plus d'argent proposé (heures sup)
– co-gestion : contrats de réussite
Une opposition syndicale démarre
Que faire pour résister?
– rappeler les choses qui sont vraies et celles
qui ne le sont pas d'un point de vue du droit (ex : directeur pas
responsable de la sécurité des élèves de
l'école)
– ...
Vendredi apès-midi
14h - Procédures
disciplinaires- Dossier professionnel
(Christian Gerbelot-Legris– Udas)
Ce qui va nous être présenté n’est pas encore
une lutte syndicale mais un cas concret d’un collègue de
L’Isère et les propositions de l’Autonome de
Solidarité Laïque sur le problème des
procédures disciplinaires et de l’usage du dossier
professionnel qui est fait dans ce cadre.
L’intervenant nous résume le dossier d’un
collègue conseiller pédagogique qui a été
traduit devant deux conseils de discipline dans la même
année scolaire, au terme d’une cascade
d’évènements qui se sont étalés sur
une période de cinq ans. Ce qui était au départ
une affaire strictement administrative a évolué vers une
affaire d’ordre moral et vers un cas qui pourrait être
qualifié de harcèlement.
Jusque là, l’autonome de Solidarité ne
défendait pas les collègues face à
l’administration. Constatant les abus de celle-ci au cours de
cette affaire elle a commencé à le faire et à
mettre en lumière un fonctionnement inadapté pour les
affaires graves où les droits de la défense ne sont pas
toujours respectés et où le conseil de discipline devient
une juridiction d’exception. Dans notre profession,
l’Inspecteur d’académie ou le Recteur est à
la fois juge et partie, il enquête, rédige l’acte
d’accusation, préside le conseil de discipline, propose la
sanction, tranche en dernière extrémité et met en
œuvre la décision prise. Même dans
l’armée, les procédures disciplinaires sont moins
abusives et archaïques. L’Autonome appelle les syndicats,
seuls pouvoirs contradictoires en CAPD et CAPA, à une action
permettant d’obtenir des moyens capables de créer
des rapports de force dans ce domaine. Elle fait cinq propositions
calquées sur la procédure disciplinaire d’autres
administrations françaises, où :
Les conseils de discipline sont présidés par un magistrat
de l’ordre administratif
L’autorité investie du pouvoir disciplinaire ne peut
siéger
Il existe un conseil de discipline de recours
Le conseil de discipline peut ordonner une enquête
Le conseil de discipline peut demander la suspension de la
procédure jusqu’à l’intervention de la
décision de la justice
Sur le dossier professionnel, il est rappelé que c’est la
loi n°83-634 du 18 juillet 1983 qui précise dans
l’art. 18 que :
« Le dossier du fonctionnaire doit comporter toutes les
pièces intéressant la situation administrative de
l’intéressé, enregistrées,
numérotées et classées sans discontinuité.
Il ne peut être fait état dans le dossier d’un
fonctionnaire, de même que dans tout document administratif, des
opinions ou des activités politiques, syndicales, religieuses ou
philosophiques de l’intéressé.
Tout fonctionnaire a accès à son dossier individuel dans
les conditions définies par la loi. »
Conditions que nous rappelle Jean-François :
Procéder à une demande écrite à
l’administration ( I.A. pour le premier degré, Rectorat
pour le second) qui a un mois pour fixer une date. Autorisation de
faire des copies des pièces et d’ajouter ou de retirer des
pièces au dossier. Actuellement, l’administration
n’est pas obligée de nous communiquer les pièces
qu’elle joint au dossier sauf pour la notation et
l’évaluation.
L’un des participants au stage a consulté son dossier
professionnel et en retiré la moitié des documents qui y
figuraient et qui faisaient état des ses engagements politiques
et syndicaux, ainsi que ceux relatifs à l’état de
santé de son enfant handicapé…Un autre participant
encourage les collègues à consulter son dossier et
à en faire des photocopies. C’est le dossier professionnel
qui a seul valeur juridique en cas de conflit, contestation de
décision ou procédure disciplinaire. L’existence de
dossiers officieux a maintes fois été constatée et
les éléments contenus dans ces dossiers parallèles
sont parfois transmis d’un établissement à
l’autre, d’une circonscription à l’autre en
tout illégalité. Là encore , l’Autonome de
Solidarité propose d’établir la transparence autour
du dossier professionnel en demandant la mise en place de deux
règles élémentaires :
Information du fonctionnaire de tout document le mettant en cause
reçu par tout représentant de l’autorité
hiérarchique
A la fin de chaque année scolaire, ces document devraient soit
être versés au dossier, soit détruits.
Rappel sur le droit de réserve du fonctionnaire : Il
n’existe pas pour les fonctionnaires que nous sommes mais
seulement pour les fonctionnaires d’autorité ( ceux qui
n’ont pas le droit de se présenter aux
élections).Par contre, il existe le devoir de discrétion
professionnelle qui concerne ce que nous savons des
élèves et de leur famille. Cependant cet argument est
souvent utilisé pour nous encourager au silence. Benoît a
été épinglé en critiquant
l’éducation nationale dans un journal et nous recommande
de signer nos articles en tant qu’individu ou syndicaliste mais
pas en tant qu’enseignant. Le constat est fait que bien souvent
l’administration cherche à nous culpabiliser et
qu’elle finit par y réussir.
Globalement, nous constatons une augmentation des conseils de
discipline ainsi que l’apparition d’une nouvelle
procédure, la CAPD disciplinaire pour insuffisance
professionnelle. Christine rappelle le cas d’une collègue
des B. du Rh. attaquée pour insuffisance professionnelle,
défendue par le SNU mais néanmoins licenciée. Nous
constatons la différence entre les syndicats qui se posent en
juge des collègues et ceux qui les défendent
inconditionnellement.
L’insuffisance professionnelle est arbitrairement
déterminée : rien n’est écrit pour la
définir. Elle repose sur la seule capacité du chef
à décider. La sanction qui peut être le
licenciement est plus grave encore que dans les autres
procédures disciplinaires qui se soldent à 80% par le
déplacement du fonctionnaire.
Enfin, trop souvent les procédures disciplinaires ne sont pas
envers les enseignants qui ne font pas leur boulot, mais bien vers ceux
qui ont maille à partir avec l’autorité.
15h30 – Base-élèves
(Josef Ulla – Sud Educ)
Silencieusement, à l'abri des coups de projecteurs
médiatiques, le fichage des élèves du premier
degré s'installe.
Il a débuté le 13 décembre 2004
sur un échantillon d'écoles de cinq
départements : Essonne, Gironde, Loir-et-Cher, Orne et Puy
de Dôme.
Puis, en 2005, 15 autres départements ont également
démarré l'expérimentation .
En 2007, insidieusement, la phase d'expérimentation est
devenue phase de généralisation, et ce qui alors
était initialement prévu pour septembre 2009, est
avancé à septembre 2008, c'est à dire,
l'obligation, pour tous les directeurs d'école d'utiliser...
Base Elèves.
Base-élèves , c'est le nom attribué au
système de gestion informatique de données ,
centralisé sur internet, et concernant les élèves
des écoles maternelles et élémentaires.
L'objectif mis en avant par le ministère de l’Education
nationale: simplifier les tâches de direction, et disposer
en permanence de toutes les informations sur les élèves
scolarisés par la création d’un fichier
informatique unique et commun (en partie) aux communes, aux
écoles et à l’administration centrale.
Jusqu'à présent, chaque directeur d'école
constituait son propre fichier pour gérer les
élèves, mais ce fichier restait dans l'école. Il
n'y avait pas de centralisation nationale. Seuls des chiffres globaux
(nécessaires à la gestion des établissements du
pays, carte scolaire, statistiques, etc. et NON NOMINATIFS
étaient transmis à l'Inspection académique et au
Ministère.
Voilà dorénavant comment va fonctionner le fichier Base
Elèves :
A la rentrée 2008, dans toutes les écoles, la famille
remplira une fiche papier composée dune partie
« état-civil » qui est identique à
la fiche mairie, et d'une partie « urgence » qui
concerne l'aspect médical, les assurances et la vie
périscolaire.
Ensuite, le Directeur retournera sur Internet et attribuera à
chaque nouvel élève entré dans la base un
numéro I.N.E (Identifiant National Elève) unique qui
servira durant toute sa scolarité à son identification
informatique.
Puis, il complètera la fiche avec les renseignements
donnés par la famille dans le volet « Etat
Civil » de l'enfant et des parents ou responsable
légal). Certaines de ces informations seront
partagées avec les services COMMUNAUX. y seront
CONSIGNÉS:
Les identités, les adresses, les numéros de
téléphone domicile / portables / travail, professions des
parents,
Le dossier informatique de l' élève comportera
également deux autres volets:
Le volet « Cursus scolaire »
avec :
1 des éléments de la scolarité
actuelle de l'élève : cycle, niveau, classe, nom de
l'enseignant, proposition à l'issue du cycle, absentéisme
signalé,
2 des informations périscolaires (cantines,
études, garderies....),
3 des informations sur la scolarité
antérieure (écoles fréquentées,
départements...).
Et enfin, un volet « Besoins
éducatifs » où seront consignées toutes
les données personnalisées de l'enfant, qui jusqu'ici
restaient confidentielles : suivis RASED (Réseaux dAides
Spécialisées aux Elèves en
Difficulté) , projet d'accueil individualisé,
intégration en CLIS (Classes dintégration scolaire
) , Auxiliaires de vie scolaire, CCPE, SAPAD (services
dassistance pédagogique à domicile), hôpitaux de
jour , etc... et un IA à même mentionné
récemment que les résultats aux évaluations
pourraient y être rajouté de même que les
besoins en PPRE.
Il est prévu que toutes les données (identités
familiales, sociales, scolaires, aides temporaires, ) concernant
l'élève soient transférées par les
directeurs d'écoles à l'Inspection Académique via
Internet pour la création d'un fichier départemental et
d'un fichier national.
Les données sont nominatives jusqu'à l'échelon
départemental.
Au delà, elles sont anonymes et ne doivent servir
qu'à des fins statistiques. La levée de l'anonymat,
« en fonction des besoins de l'administration »
n'est censée être possible que sur commission rogatoire du
procureur dans le cadre d'une procédure judiciaire.
Et les données seront gardées 15 années.
On accède à ces données, qui nous dit-on sont
sécurisées, en allant sur Internet:
Mairies : accès en lecture limité aux champs
d'identification de l'élève et de ses responsables ;
IEN : accès intégral en lecture à l'ensemble
des fiches nominatives des élèves de la circonscription.
Possibilités d'extraction de données (!) ;
IA : accès intégral en lecture à l'ensemble
des fiches nominatives des élèves du département
et possibilités d'extractions (!) ;
Directeur-trice d'école : accès total en lecture et
écriture.
Qui pourra avoir accès à ces données outre les IA
et les IEN ?
Vous vous rappelez le rapport Bénisti ?
C'était ce rapport parlementaire qui, pour
prévenir « les comportements
déviants », préconisait la détection
précoce des troubles comportementaux infantiles dès la
crèche. Pour ce faire, le rapport associait délinquance
et langue maternelle et proposait une « culture du secret
partagé » entre services publics afin de signaler
à la police, via le maire, toute « personne
présentant des difficultés sociales, éducatives ou
matérielles ».
Eh bien, ce rapport parlementaire a largement inspiré la loi de
prévention de la délinquance qui, entre autres,
conditionne le versement des allocations familiales à un
contrôle renforcé de l'assiduité scolaire, et
impose le partage du secret professionnel entre policiers, magistrats,
enseignants et travailleurs sociaux.
Eh bien, « Base élève » se situe
dans la droite ligne du rapport Bénisti et de la loi de
prévention de la délinquance.
A chaque fois que nous avons dénoncé cette base
élève, l'administration nous oppose l'aval de la Cnil....
Qu'en est-il exactement:
La Cnil a été créée en 1978 et avait
des pouvoirs qui lui permettaient de rejeter des projets
considérés comme nocifs pour les libertés
individuelles. Or, depuis le 6 août 2004 elle a été
amputé d'une partie de ses pouvoirs de
réglementation et de contrôle . Et 6 mois après,le
24 décembre 2004, Base élèves est
déclarée à la Cnil alors qu'elle n'a plus de
pouvoir décisionnaire . On est en droit de se poser des
questions, non ?
De plus, la CNIL, c'est l'UMP... Un projet de suppression de la CNIL
est à l'étude... (cf LDH Toulon)
Quant à l'information des parents, dans les faits,dans les
départements où l'expérimentation est
déjà lancée, elle est en
général très succinte, voire incomplète ou
même parfois inexistante ; elle se limite souvent à
la mention des droits d'accès et de rectification, omettant de
préciser les destinataires des données recueillies et
ignorant le droit de refuser de donner certaines informations. Dans
nombreux cas, les parents délèves ont appris par un
compte-rendu de conseil d'école que leur enfant était
inscrit dans Base-élèves, sans même avoir
été informés auparavant !
La mise en place de cette base élèves soulève
des interrogations :
1: Quelle garantie
quant à la sécurisation des données ?
Jusqu'à présent, chaque école constituait son
propre fichier pour gérer les élèves mais ce
fichier restait dans l'école. Il n'y avait pas de centralisation
ni de croisement des données et l'anonymat était
préservé en-dehors de l’école.
Or, la « Base Elèves Premier
Degré » est accessible via Internet moyennant
l'introduction dans le formulaire d'entrée d'un code
d'identification et d'un mot de passe.
Au moyen de Base élèves, ce sont les données
personnelles de tous les enfants, et à terme de toute la
population, qui seront centralisées et partagées entre
institutions ; un fichage généralisé que rien
ne protège d'ailleurs des intrusions privées puisque ces
informations, personnelles et confidentielles, transiteront par
Internet. Or on sait tous qu'il ny a pas de protection
infaillible pour Internet.... Nous constatons, à la simple
lecture des journaux,que ces méga-systèmes sont
régulièrement victimes de détournement de la part
de ceux qui disposent du droit daccès. L'histoire nous apprend
que tout système de protection est voué à
être brisé un jour ou l'autre! D'ailleurs, des
journalistes du Canard Enchaîné on pu rentrer dans base
élève en juin 2007..... !
Personne n’est à l’abri d’un Bug informatique
comme ont pu le constater dernièrement 25 millions de
Britanniques dont les bases de données personnelles sont parties
« dans la nature » .En novembre 2007, le
Trésor public Britannique a égaré deux disques
contenant la base de données des allocations familiales, soit
les noms, dates de naissance, numéros de sécurité
sociale et coordonnés bancaires des bénéficiaires.
Le journal Libération du 22 novembre 2007 a retranscrit une
interview de Ross Anderson, professeur en sécurité
informatique à l’université de Cambridge qui assure
qu’il s’y attendait : « Avec d’autres
experts, nous avons cessé de prévenir le gouvernement
contre le développement d’immenses systèmes
centralisés, comme le Child Database recensant tous les enfants
britanniques, leur histoire scolaire, sociale et médicale.
Ailleurs, le nouveau système information de la NHS (le service
national de santé) va rassembler les informations de 50 millions
de patients. Ces bases de données sont impossibles à
sécuriser ».
2: Autre question:
la protection de la vie privée et les risques de dérives
comme la possibilité de croisement avec d'autres fichiers.
Comment prévoir les utilisations qui seront faites demain de
telles bases de données ?
Rappelez-vous avec quelle discrétion un fichier de police
judiciaire, le STIC, a pu, en l'espace de quatre ans de 2001
à 2005, devenir un fichier consultable lors des enquêtes
administratives.
Parlons un peu de ce fichier:
Le fichier STIC regroupe des informations sur les 24
à 25 millions de personnes qui, un jour ou l'autre, ont eu
affaire à la police (comme témoins, victimes, ou suspects
...).
Il a longtemps été clandestin : il existait et
était utilisé par la police judiciaire avant 1996.
Il a fallu attendre 2001, pour qu'un décret du
gouvernement Jospin le régularise comme fichier de police.
La loi de sécurité intérieure a
autorisé en 2003 sa consultation dans le cadre
d'enquêtes administratives (recrutement ...).. et enfin, un
décret de septembre 2005 a considérablement
étendu la possibilité pour l'autorité
administrative de consulter le STIC (il joue maintenant le
rôle d'un casier judiciaire officieux) ... et le STIC n'a sans
doute pas fini d'évoluer.
Autrement dit, rien n’empêche à l'avenir que le
fichier base élèves ne soit utilisé par des
services de police ou de justice, d'autant plus que, depuis
l'adoption de la Loi de Prévention de la Délinquance, en
mars 2007, le secret professionnel devient
« partagé ».
Ainsi donc, les données de Base élèves
-pourront être croisées avec le fichier de la CAF pour
priver d'allocations familiales les familles des élèves
absents,
-pourront faciliter le travail de la police pour repérer les
familles d'étrangers. Ne nous leurrons pas, même si l'Item
nationalité a été enlevé en octobre 2007,
par le biais des noms et des lieux de naissance, ce fichier pourrait
être croisé avec d'autres pour la traque aux sans
papiers.... Et puis ....(retour possible de l'Item ?)
- et enfin seront en partie accessibles au Maire comme prévu
dans l'article 9 de la loi de prévention de la
délinquance.
Et c'est ainsi qu'un maire voisin, le maire de Castres, a
crée le 16 mai 2007, le premier conseil des droits
et des devoirs pour les familles. Ce conseil, qui renforce le pouvoir
des communes en matière de prévention de la
délinquance, peut saisir le juge des enfants et solliciter la
suspension des allocations familiales des parents jugés
défaillants dans la surveillance de l'assuidité scolaire
de leurs enfants. Et pour connaître les parents
défaillants , le maire peut demander auprès de
l'inspecteur de l'académie ou des chefs d'établissement
scolaire la liste des élèves trop souvent absents. ...
Voilà une utilisation concrête de Base Elèves.
Les réactions face à
Base Elèves :
-La LDH :demande la fin de l'expérimentation (02/07/07):
Parce quelle refuse une société où les individus
seraient mis en fiche dès le plus jeune âge, parce qu'elle
pense que les familles doivent pouvoir continuer à faire
confiance à l'école, parce qu'elle n'accepte pas que ces
fichiers se mettent en place en absence de tout débat public, la
LDH demande que le ministère de l'Education nationale mette fin
à cette expérimentation qui porte atteinte au respect des
libertés individuelles et notamment à celui du droit au
respect de la vie privée .
-Les DDEN 12 ont fait mettre Base Elèves à l'ordre du
jour des conseils d'Ecole en Aveyron (juin 2007):
Un tel outil de fichage des élèves nous inquiète.
Sous couvert de faciliter le travail des enseignants, un risque de
dérive des informations vers d'autres utilisations existe ainsi
que des amalgames et des croisements de fichiers. La divulgation et
l'utilisation d'informations strictement privées peuvent
s'avérer dangereuses. De plus ce système exclue toute
approche humaine et peut donc engendrer des interprétations
erronnées. Aujourd'hui 7 mai 2007, le temps n'est plus à
la vigilance mais à l'inquiétude face aux multiples
dangers dus à l'utilisation de cette base dans l'environement
politique choisi par les électeurs.
-La FCPE...
-Des Municipalités:
Rennes : Betton, en Ille et Vilaine, Montpellier, Pau, St
Affrique, etc...
Des Collectifs voient le jour: Rennes, St Affrique, Aveyron, Tarn,
Marseille, Grenoble, etc.
Des Pétitions: Correso, Ldh...
Des actions:
-envoi de courrier aux directeurs,
-envoi aux élus, etc...
Médiatisation : Médias ; listes Internet ; bulletins de
parents.
Blocage de formations : mot d'ordre de grève lors des
journées de formation.
Interpellation difficile des syndicats.
Il est temps d'être clairs:
C'est un appel au boycott total du système qui doit
être lancé parallèlement à une demande de
son retrait.
Que Base Elèves soit sécurisée ou non, il est
ethiquement anti démocratique qu'un tel fichage des enfants soit
réalisé. Car nos gouvernants d'aujourd'hui ne nous
feront jamais croire qu'avec des données aussi sensibles que l'
orientation de l'élève , ses éventuelles
difficultés, sa vie sociale et familiale et l'autorité
parentale, ils souhaitent juste un simple outil statistique...
Il est clair que si une réponse offensive n'est pas
immédiatement lancée, le projet finira par voir le jour.
Il est de notre devoir à nous, enseignants, qui de par
notre fonction, recueillons beaucoup dinformations confidentielles
concernant les familles des élèves qui nous sont
confiés, de ne pas apporter une pierre de plus à
lédification dune société du contrôle
dominée par la tentation du tout sécuritaire en
développant la mobilisation à l'échelle nationale
et en travaillant à construire le rapport de forces
nécessaires pour l'arrêt de cette expérimentation.
Nous demandons à ce que plusieurs leviers soient
actionnés :
-Le Conseil d'Ecole qui peut prendre une motion s'opposant à la
mise en plece du fichier dans l'école. La « base
élèves » ne concerne pas les seul
directeurs : cest le problème entier de l'équipe
éducative.
-Les parents d'élèves peuvent s'opposer à
l'inscription de leur enfant dans le fichier Base Elèves.
-Les directeurs qui, même s'ils risquent de perdre leur fonction,
n'en perdront pas leur intégrité. Et puis, ça
ferait du bruit s'ils étaient nombreux à subir la
sanction;
-Les syndicats enseignants qui doivent appeler clairement au boycott et
s'engager au soutien des collègues sanctionnés.
"Le contrôle idéologique
est beaucoup plus important dans les démocraties que dans les
états où la domination se fonde sur la violence, et il y
est par conséquent plus raffiné et plus efficace.
Pour ceux qui y recherchent
obstinément la liberté, il ne peut y avoir de tâche
plus urgente que d'arriver à comprendre les mécanismes et
les méthodes de l'endoctrinement. Ce sont des choses faciles
à saisir dans les sociétés totalitaires, mais
elles le sont beaucoup moins dans le système de "lavage de
cerveau sous régime de liberté" auquel nous sommes soumis
et que nous servons trop souvent en tant qu'instruments consentants ou
inconscients ." Chomski
Josef Ulla, Sud Education Aveyron, stage Marseille
Discussion sur les actions contre
Base élèves :
- Résistance de dix écoles dans la
même ville qui refusent de remplir le fichier;
- Refus de participation à la formation Base
élèves qui est une formation continue et qui n'a pas de
caractère obligatoire légalement;
- Manifestations nationales le 2 avril (appel
de SUD Education);
- Sabotage du système dans les écoles;
- Pression aux syndicats locaux, associations de
parents d'élèves, mairies et équipes enseignantes.
Actions prévues à Marseille:
- Rassemblement le 19 mars devant l'Inspection
Académique pour déposer les refus;
- Conférence le 1er avril à l'IUFM
- Rassemblement le 2 avril (manifestation nationale)
au Parc Chanot à l'occasion du salon de l'éducation
« Ecole à Chanot » à l'appel de SUD
et du Collectif Stop Fichage 13.
Pour compléter l'info sur Base Elèves:
-Un site de référence : http://www.ldh-toulon.net/ Aller
à Big brothet, puis cliquer sur Base Elèves.
-Le texte qui précise bien le "pourquoi" de Base
élèves
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2580
-Pour avoir le "Kit Parents" réalisé par le Collectif de
l'Isère :
http://resistance38.wordpress.com/about/
- site Claris : http://groupeclaris.wordpress.com/
-site du collectif Stop Fichage Marseille : http://www.millebabords.org/
-article AFP sur Marseille :
http://afp.google.com/article/ALeqM5gHwH_c6b14Qgr7twRq-WfJWNKu4w
-Une lettre pour les directeurs :
Monsieur le directeur,
Les divers moyens d'information dont nous disposons, font de moi un
citoyen pleinement informé de la mise en place
expérimentale à des fins d'installation définitive
d'un fichier appelé BASE ELEVE, BASE ECOLE, BASE PERSONNEL.
Aussi, ne pouvant que constater que ce fichier, qui dépasse, et
de loin, la simple connaissance d'un Etat Civil (tâche qui
d'ordinaire incombe à la mairie), il me semble essentiel de vous
faire savoir, en tant que responsable légal et par la même
la seule entité à répondre de cette qualité
devant la loi, que je m'oppose formellement à toute
création de fichier, ou complément d'un fichier existant
autrement qu'en utilisation interne à votre établissement.
Je prends, au nom de la loi, l'entière responsabilité de
l'interdiction que je vous fais d'alimenter ce fichier, et vous
autorise à utiliser cette lettre dés que la
nécessité s'en fera sentir.
Recevez, monsieur le directeur, l'assurance de ma considération
distinguée.
PS: Le double de cette lettre,
ainsi qu'une lettre d'accompagnement seront transmis à
l'Inspecteur d'Académie.
Signé
Samedi matin / Interprofessionnel
Deux exemples : Educatrice Secteur santé social (Nadine
Gressin-CGT) et La Poste-Centre de tri – ( Christian - Sud Ptt)
Témoignage
par Nadine, éducatrice dans le secteur santé et social,
sur la situation de certains salariés aux prises avec la
hiérarchie dans l’association qui les emploie.
Cette asso est financée par la DDASS, le ministère de la
justice, le conseil général 13, mais aucun élu ne
siège au CA, qui est pris par des notables cathos de Marseille.
La mission sociale de l’asso est la participation au
développement de mineurs en échec, en
souffrance…pour les aider à sortir de situations
difficiles,…c’est le topo du travailleur social.
Depuis qu’une loi en 2002 stipule de mettre en place une
évaluation du travail social au besoin de « mettre au
centre […]l’usager » l’effet
a été la création d’un outil
(d’évaluation) informatique…sans qu’aucun
cadrage ne soit fait sur quoi, qui, comment, pour faire quoi du
résultat…
Ce logiciel est déjà utilisé dans le milieu
médical hospitalier : il s’appelle
« promocalt », est financé grâce aux
cotisations pour la formation professionnelle.
L’asso qui emploie Nadine utilise ce logiciel, son directeur est
lui-même membre d’une asso qui promeut le logiciel
sus-cité !
Contrairement au droit, c’est le directeur qui recrute (sans
référence à aucune convention), qui
licencie…l’asso emploie un DRH…c’est
l’esprit de « management participatif, à
l’américaine »…avec un fonctionnement
qui individualise l’emploie, comme ce que connaissent les
administratifs de l’éducation nationale avec les
« contrats par objectifs » …
Lors d’une réunion de travail entre le directeur et les
travailleurs sociaux de l’asso, délégué
syndical et délégué du personnel (je ne sais plus
s’il y a deux personnes ou si c’est la même !)
critiquent l’outil qu’on demande au personnel
d’utiliser car il ne convient pas à leur pratique qui ne
se chiffre pas dans un fichier !(et de plus, c’est un outil
qui permet de mettre en place le dispositif rêvé par
Bénisti pour contrôler autant les travailleurs sociaux que
la population dont ils s’occupent), à la suite de cette
réunion, le délégué du personnel
reçoit une menace (une promesse) de sanction écrite par
le directeur, il est ensuite convoqué à la direction du
travail, ce jour-là 30 éducs sur 60 se mettent en
grève (le directeur arrivant carrément avec un huissier
pour faire constater les faits !!!
L’affaire est aux Prud’hommes…
Témoignage
de Christian, postier au centre de tri à Marseille.
Il a fait une présentation de ce qu’est devenu un centre
de tri depuis la loi de 1993. outre la séparation avec les
télécoms, les centres de tri sont devenus des usines
indépendantes des bureaux de poste, le guichet est la vitrine,
avec le facteur, du magasin…
Un centre de tri tourne 24h/24h, avec une hausse
d’activité la nuit. Première chose, donc, des
horaires pénibles. Des machines qui sont programmées pour
fonctionner sur une période correspondant au temps de travail du
postier. Ça veut dire que c’est la machine qui fait
travailler l’ouvrier, c’est elle qui dit quand il
s’arrête…et la pause déjeuner
n’excède jamais 30 minutes
mais il y a quand même des petits chefs qui
contrôlent que tu t’arrêtes pas trop souvent pour
pisser , les téléphones sont interdits, interdictions
d’avoir un sac à mains (ou alors transparent), le lieu de
travail est vidéo surveillé,…
Il n’a plus de recrutement par concours, on fonctionne avec 40%
de contractuels, recours à des intérimaires, en 2003 un
changement de statut est proposé : c’est un
« reclassement » qui attribue un grade selon la
fonction (par exemple, guichetier correspond à 2.2 ;
ça fait 1.2 ; 1.3 ; 2.1 ;etc, et chaque grade
attribue une supériorité hiérarchique sur le grade
en dessous…c’est la multiplication des petits
chefs !!!, c’est soi-disant intéressant car ça
permet une progression plus rapide sur l’échelle
indiciaire (et on peut finir millionnaire, non je
déconne)…il y a un système de promotion selon
« les aptitudes professionnelles » (RAP) ou selon
l’expérience (REP), ce qui bien sûr n’est pas
la même chose que l’ancienneté…ce n’est
rien d’autres que la mise aux normes (libérales)
correspondant au processus de privatisation…
Christian a refusé le reclassement (c’est un
refuseux !), il reste fonctionnaire d’état, au plus
haut grade (avant cadre, et qui équivaut à 1.2) :
contrôleur !
********************************
Contacter les organisateurs
CAH http://abasleschefs.org
CNT Educ 13 : 12 rue de l’Eveché, 13002 Marseille,
Contact : sam (a)
cnt-f.org
Sud Educ 13 c/o Sud ptt Bp 33 13302 Marseille Cedex, Contact :
sudeduc13 (a) laposte.net
Udas : BP 101 38001 Grenoble, Contact : contact (a) udas.org