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Quelques rouages répressifs de l'ordre moral dans l'éducation

L'inspection-police : le «rapport» est un terme qui dans les institutions d'État, dans les cellules relatives à la gestion des personnels, porte «le mieux le caractère spécifiquement policier qui marque la discipline de notre enseignement secondaire.» (1)
L'inspection surprise est une descente d'inspection : elle vise à prendre en faute donc à fabriquer un coupable. Elle exige le silence et le mystère : le prof n'est pas averti, preuve de la volonté de lui nuire ;  la conspiration du silence est un vieux procédé. Elle démontre par son procédé même l'arbitraire dans l'évaluation des profs.
Pour s'y opposer : Construire des solidarités non pas seulement pour une défense individuelle mais pour une résistance/vigilance collective permanente ; pensons, par exemple, aux atoss soumis à l'arbitraire des intendants. Constituer un groupe contre l'arbitraire hiérarchique sous toutes ses formes (bonne conscience à l'évolution en cours des autorités de l'établissement scolaire). L'action directe contre la répression, c'est l'auto-mobilisation. Mener la bagarre avec les personnels (si possible, toujours). Même si le succès n'est pas au bout. On sait que l'institution s'assoit sur le droit qu'elle édicte elle-même. Mener la bataille c'est créer la conscience et faire vivre la dignité. Élargir l'action anti-répression hors de l'établissement (avec les parents, peut-être que les élèves spontanément se mobiliseront). Avec les syndicats évidemment au niveau local, départemental, avec campagne de presse nationale et locale.
Le silence sur la répression sert les buts des répresseurs. Les cas de répression non connus permettent l'extension de la répression.
Toute plate forme revendicative repose nécessairement sur un non à la hiérarchie inspecteur/inspecté, chef d'établissement/personnels, travailleur.se.s de l'éducation/élèves (les élèves doivent se voir offrir des dispositifs qui permettent à tou.te.s et pas à quelques élus de les faire vivre dans l'établissement, d'y exercer des responsabilités). Pour les personnels précaires, les chefs d'établissement jouent avec le chômage et chacun a peur de se faire repérer, d'où une peur de défendre ses idées et même ses rares droits. Le premier travail c'est de vaincre cette peur par une réaction collective pour que la colère remplace la peur et qu'elle devienne constructive d'une légitimité évidente de lutte, avec le syndicat comme point d'appui.

Philippe Geneste extrait de la revue L'émancipation syndicale et pédagogique du 8 octobre 2004

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