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Le Couvre-Chefs > Sommaire >
Lire
aussi les propos d'une inspectrice
(Ce texte est antérieur
à la généralisation des évaluations CE1. Ce
qu'il dit des évaluations CE2 est valable pour l'ensemble du
dispositif d'évaluations nationales.)
L'enfant n'est pas une marchandise !
Il est des raccourcis qui nous pourrissent de
l'intérieur. Tordons donc tout de suite le cou au seul argument
que peuvent nous opposer nos collègues : il est question ici de
s'opposer à un dispositif national, non de se positionner sur
l'utilité ou pas de conduire des évaluations dans un
dispositif d'apprentissage. Nous ne prétendons donc pas que les
évaluations en général sont nocives aux
élèves en particulier ! Quoique ! Il faudrait faire la
part des choses entre « évaluations » et
« contrôles » des connaissances. Mais c'est un autre
débat !
Des évaluations au service d'une
idéologie
Le
Collectif anti-hiérarchie se propose de créer un large
mouvement qui s'oppose à tous les dispositifs
«d'évaluations nationales». Il y a urgence en effet
à reprendre en main ce qui nous concerne : la sauvegarde du
service public d'éducation. Or nous constatons depuis
l'introduction des évaluations nationales qu'elles servent une
idéologie néfaste car :
Elles sont directement inspirées des techniques de management
dans les entreprises. Elles aboutissent à l'établissement
d'un palmarès des meilleurs académies, arrondissements,
quartiers, écoles… et pourquoi pas enseignants! Elles
accentuent le sentiment d'échec des enfants les plus
éloignés «culturellement» de ces pratiques!
Elles ne prennent en compte que les maths et le français,
matières « nobles » et font fi de toutes les
missions
d'apprentissage de la citoyenneté à l'école!
Elles annihilent tous les combats que nous pouvons mener au sein de
nos classes pour prendre en compte la globalité du
développement des enfants. Elles disqualifient d'emblée
les pratiques qui se centrent sur la coopération et l'entraide,
ainsi que le développement de l'autonomie des enfants, puisque
le dispositif lui-même fonctionne sur la
compétitivité (travail individuel, chacun pour sa pomme!)
et la maîtrise du temps (tout est rigoureusement
minuté). Elles exacerbent le sentiment de culpabilité et
isolent les enseignants entre eux. Elles ne rendent pas compte des
compétences des élèves : les critères de
correction sont comme partout ailleurs : hautement partiaux. Elles
uniformisent les pratiques enseignantes, vers l'acquisition de
mécanismes « pavloviens », rentables sur le plan
productiviste !
Elles mettent volontairement de côté l'ambition
éducative de l'école publique. Elles ne cachent plus leur
nature d’outils de sélection et d’orientation au
collège. Elles transforment l'école publique en une
vulgaire antichambre des pratiques de l'école privée : au
service de la rentabilité et de la soumission des
élèves à l'ordre moral.
Nous ne sommes pas des vaches à lait
!
Sachons enrayer le
mouvement : opposons-nous aux évaluations CE2, résistons
à leur mise en place à la maternelle, n’acceptons
pas la nouvelle fournée annoncée en CE1. L'enfant n'est
pas une marchandise, les élèves ne sont pas des machines
à produire. Nous ne sommes pas des vaches à lait!
Opposons-nous à ces dérives qui compromettent l'existence
même de l'école publique. Osons refuser ! Osons vaincre !
Nathalie Astolfi

« Les
évaluations nationales sont des indicateurs des
performances des élèves. Il est normal [en ZEP] que
l’administration soit en demande de résultats en
réponse aux moyens mis. »
Une inspectrice, à Nanterre
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