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La hiérarchie à l'assaut
Personnels IATOSS de l'enseignement supérieur


Une fois un poste de titulaire obtenu (avant, c’est une autre histoire), l’Université peut apparaître du point de vue enseignant comme un havre de paix hiérarchique. Mais pour les autres personnels, c’est depuis longtemps le lieu des premières attaques : sous-traitance, prime au mérite et aujourd’hui entretiens individuels d’évaluation.

Les entretiens individuels d'évaluation se mettent en place petit à petit dans l'Éducation nationale.
En effet, les arrêtés du 15 octobre et du 17 novembre 2004 sont parus au Journal Officiel du 24 novembre 2004. Ils précisent l'application du décret 2002-682 et régissent l'évaluation et la notation des personnels des filières administrative et de documentation, sociale et de santé, de recherche et de formation, des bibliothèques.
L'agent en «collaboration» avec son chef de service reviendra sur un an de travail et devra se donner des objectifs pour l'année suivante. S'ils ne sont pas atteints, quelle sera la conséquence ? Suivez mon regard… eh oui, on voit poindre le nez de la prime au mérite… qui existe déjà. En tout cas, tout est prêt pour l'application.
Par exemple, dans les métiers où nous évoluons, la prime iat (indemnité d'administration et de technicité) est modulée sur 8 échelons et prévue pour être attribuée «selon la manière de servir.» (Sic !)
L'individualisation des rapports entre les travailleurs et l'employeur (l'État) avance à une vitesse effrénée. L'objectif est bien sûr de briser la notion de statut général -- entrave à la libéralisation -- pour aboutir à une atomisation qui annihilerait toute velléité de résistance et de solidarité. Diviser pour régner… rien de neuf. L'
État-patron développe la précarité pour créer la division avec les titulaires. Les syndicats bureaucratiques et corporatistes marchent à fond dans la combine. Mais cela ne suffit plus, la stratégie se poursuit : l'État oppose les corps de métiers, et au sein même des corps, les travailleurs entre eux. Cela vous rappelle quelque chose ? Le privé !
L'esprit de hiérarchie semble fonctionner pour lui-même. Par principe, pour montrer qui est le chef. Ainsi, même si une équipe d'agents de catégorie C assure un travail de qualité et a amélioré le service notablement, son fonctionnement trop autonome sera la cible de tentatives de divisions : en essayant de créer un petit chef en son sein, ou de quelque autre manière. Le service public passe donc au second plan, des travailleurs responsables et compétents qui n'ont pas besoin d'ordres pour s'organiser menacent la belle mécanique. Et pourquoi pas l'autogestion tant qu'on y est !… Eh oui, pourquoi pas. Il peut arriver qu'une équipe n'offre aucune prise aux carottes, à l'ambition (le refus de parvenir), à la flatterie… C'est encore trop rare.
L'évaluation/notation sera un outil de plus pour affermir le contrôle des chefs sur leurs subalternes. Cela influera sur la vitesse de la progression de la carrière. En terme d'argent, ce qu'un saut d'échelon représente est ridicule. Quand bien même la somme serait conséquente, nous ne nous laisserons pas acheter !
S'il faut refuser l'évaluation et la notation nouvelle manière, il faut aussi dénoncer la situation antérieure. La notation régie par le décret 1959-308 s'inscrivait dans la même logique infantilisante et dégradante.
Dans plusieurs universités, l'évaluation/notation provoque des réactions : à Brest, la procédure de mise en place est stoppée ; au Havre et à Paris I Panthéon-Sorbonne des pétitions circulent ; à Paris III Sorbonne-Nouvelle et à Aix-Marseille des réunions d'information se sont tenues ; à Paris V, les syndicats représentatifs appellent au boycott.
L'attitude des syndicats représentatifs tient du double discours : d'une part, ils portent des revendications radicales dans les instances paritaires mais ne tentent pas de mobiliser. Souvent, sur le terrain, ils se contentent d'affirmer leur vigilance quant à une application «respectueuse» de l'évaluation/notation vis à vis des personnels et du service public.
Sur le principe lui-même : pas de remise en cause.
Sur Paris III, la section CNT essaie de créer une dynamique et un questionnement sur cette question.  Les principaux écueils sont l'éparpillement des sites et la difficulté de toucher nos collègues. Néanmoins, nous pouvons peser à la bibliothèque des Langues Orientales. Nous y appelons au boycott des fiches de poste et des entretiens.
Pour l'abrogation du décret de 2002, il faudra un mouvement d'ampleur dans tous les établissements.

Hervé



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