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Contre le
projet de décret
EPEP !
Le Tarn est département « volontaire »
(initiative de l'IA) pour expérimenter les EPEP.
ETABLISSEMENTS PUBLICS
D'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE
Le Tarn
à l'avant-garde
Une campagne est actuellement menée dans le Tarn par
l'Inspecteur d'Académie, secondé par les IEN, afin de
mettre en place à la rentrée prochaine une
expérimentation d'Etablissements Publics d'Enseignement
Primaire, sur plusieurs réseaux d'écoles rurales du
département. L'étape actuelle consiste à
convaincre tous les partenaires concernés du bien fondé
de cette expérimentation afin qu'ils acceptent de s'y impliquer.
Ce projet est détaillé dans le document
rédigé par M. Azéma, IA du Tarn, Ecole et
Intercommunalité - L'école intercommunale en
réseau ; une école sans statut. L'argumentation qui
justifie cette expérimentation est la suivante : des
réseaux d'écoles rurales sont en place dans le
département depuis 1991 (le Tarn était déjà
pionnier en la matière), animés par des animateurs
pédagogiques (12,5 postes), et donnent des résultats
très intéressants au niveau pédagogique :
mutualisation de projets et d'activités, contacts
réguliers, liaisons école - collège... Le
problème est, selon M. Azéma, que ces réseaux
pédagogiques sont dépourvus de statut. De plus, toujours
selon M. Azéma, la commune et l'école communale sont
mortes. La structure d'avenir est l'intercommunalité : elle
permettrait de mettre en commun des moyens destinés à
préserver les services publics en milieu rural. Elle permettrait
ainsi de ralentir le phénomène d'exode scolaire : enfants
habitant en milieu rural scolarisés en ville à cause du
travail de leurs parents et du manque d'accueil périscolaire
dans leur village.
Dans ce rapport, l'analyse de l'école rurale actuelle (petite,
plusieurs niveaux...) est tout à fait positive, si ce n'est que
sont coût serait excessif. Enfin, le reste de l'argumentation est
beaucoup plus subjectif et dépourvu de socle factuel : la
faiblesse des effectifs serait un frein à certains
apprentissages, l'école rurale aurait une image trop
négative, les parents ne voudraient plus de petites
écoles ou de classes à plusieurs niveaux, et seraient en
attente d'une meilleure prise en charge périscolaire.
Il serait donc nécessaire de renforcer le fonctionnement et
l'autonomie des réseaux en leur donnant un statut d'EPEP,
calqué sur celui des collèges. La structure prévue
est la suivante : un directeur avec un statut comparable à celui
d'un principal de collège (une formation commune) sera animateur
du Conseil d'Administration, mais pas président, rôle
réservé à un élu. Le CA sera
constitué à parité : enseignants/usagers (conseils
d'école et conseils des maîtres) et
administration/élus. Il aura responsabilité en
matière financière et juridique, autonomie administrative
(carte scolaire et sans doute notation/ avancement) et
pédagogique (définition du projet d'établissement
contractualisé, mutualisation des moyens). Ce directeur sera
recruté sur liste d'aptitudes, déchargé de classes
et assisté d'un secrétariat. Quant aux élus,
membres de ce CA, il faudra qu'ils acceptent de transférer leur
compétence scolaire à l'intercommunalité (avec
incitations budgétaires à la clé). Sud
éducation Tarn s'oppose à la création de ces
établissements, même au niveau expérimental. En
apparence, ce projet ne fait que transformer les réseaux
d'écoles rurales déjà existants en EPEP pour leur
donner un statut. Mais en fait, il s'agit d'un système
permettant à un CA autonome de redistribuer à son
gré des moyens et des postes constants. Il lui faudra
gérer la mise en commun des équipements avec les
collèges (langues, EPS, infrastructures), et il est
évident que tout cela se fera sans attribution de
matériel supplémentaire aux écoles. Il pourra "
rentabiliser au mieux " les ATSEM.
Au contraire, à Sud éducation, nous demandons des moyens
pour que toutes les écoles, même à petits
effectifs, puissent fonctionner et rester en milieu rural, et nous
demandons à ce que l'accueil périscolaire soit garanti.
C'est ça le service public !
Enfin, le projet d'établissement contractualisé, et les
différentes activités pédagogiques faites dans ce
cadre, à l'image de ce que nous contestons dans les
lycées et les collèges, seront acceptées et
financées par les élus - ou refusés. Nous
connaissons déjà les critères sur lesquels sont
faits ces choix " pédagogiques " dans le second degré : "
visibilité " de l'établissement, " est-ce que cela va
plaire à la collectivité ? ", acrobaties et
léchage de bottes pour justifier de la nécessité
d'un poste de plus alors que la dotation de l'établissement
correspond déjà à la norme statistique. Enfin,
comment les enseignants et usagers pourront-ils faire valoir leurs
choix pédagogiques, ou leurs demandes de moyens (postes,
matériel) dans un CA ou ils seront à parité avec
les élus qui financent, et dont le président, à
voix prépondérante, sera élu parmi les élus
? C'est la fin des conseils d'école et des conseils des
maîtres. Ce n'est certainement pas la solution pour aller vers
plus de démocratie. Pour l'instant, nous tentons d'organiser des
votes au sein des réseaux " pour/contre "
l'expérimentation d'EPEP. Un réseau a déjà
refusé, et l'EPEP ne lui sera pas imposé. D'autres
acceptent, et certains se voient déjà chef... grand
chef... petit chef.
Sud éducation Tarn