Aller à : Accueil | Liens | Newsletter | Nous contacter
Projet de
décret
EPEP (établissements publics
d'enseignement primaire)
→
Le décret
en pdf
→
Les
tracts du CAH
Lire
aussi :
→
Il
y a 20 ans, la
révolte et
la victoire des instits contre le statut de maîtres-directeurs
Sous
couvert d'une refonte de la direction d'école, c'est une
véritable réforme de l'enseignement primaire que
le
ministère entend imposer. Encore qualifié
d'"expérimental", le décret qui vient
d'être
présenté, s'il est appliqué,
provoquera le
regroupement d'écoles situées en ZEP ou en zone
rurale au
sein d'"Établissements publics d'enseignement primaire"
(EPEP).
Ce bouleversement est, en fait, préparé de longue
date.
Depuis des années, une crise du recrutement des directeurs
perdure. Les conflits sont récurrents avec l'administration
de
l'Éducation nationale. Les tâches et les
responsabilités liées à la fonction de
direction
s'alourdissent. Le ministère n'est pas parvenu mettre fin
à la grève administrative avec le protocole
d'accord
ridicule du 10 mai 2006. Il menace même de sanctions
financières lourdes les directeurs qui n'ont pas rendu
l'enquête de rentrée.
Aujourd'hui, le sinistre de l'Éducation ose refaire le coup
des
maîtres-directeurs, exactement vingt ans plus tard (lire ici).
Le décret sur les EPEP contient tout le mal qu'on pouvait en
craindre. Il relève d'une vision strictement gestionnaire de
l'école. Les établissements
seraient dotés d'un conseil d'administration
(présidé par un représentant de la
commune et
où les enseignants ne pèseraient pas pour le
tiers) et
d'un super-directeur tournant sur les écoles,
supérieur
hiérarchique des professeurs. L'administration de
l'Éducation nationale voit là, cerise sur le
gâteau, l'occasion de récupérer les
milliers
d'heures de décharge des directeurs actuels et de gagner des
postes sans embaucher : les directeurs déchargés
non
retenus comme super-directeurs devront bien être
affectés
sur des postes classe.
Exit le conseil des maîtres et, avec lui, l'idée
d'une
école gérée collectivement par
l'équipe
pédagogique, le conseil d'administration de l'établissement
dominerait
tout ça et se prononcerait sur "les
résultats des élèves et l'efficience
des
dispositifs d'accompagnement".
Ce serait la réalisation
des pires cauchemars : attribution des moyens en fonction des
résultats (et on retrouve la loi organique des finances !)
et
mise en concurrence des écoles.
Ce décret n'est pas une ultime fanfaronnade avant les
élections présidentielles, l'ensemble de la
réforme est cohérent et il serait illusoire de
croire
qu'un des principaux candidats pourrait nous l'éviter. Notre mobilisation sera
déterminante
et n'en est que plus urgente.
En tout cas, et malgré les ambiguïtés de
certains
qui abusent déjà de leur situation
d'autorité de
fait, les directeurs sont des collègues et nous
n'accepterons
jamais une réforme qui les transformerait en petits chefs.
Les
prérogatives du conseil des maîtres ne doivent pas
être remises en question.