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Le Couvre-Chefs
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Les
évaluations mises
en place par l'éducation
nationale ne considèrent que les résultats
individuels.
Est-il légitime d'extirper un élève du
groupe dans
lequel il évolue, pour lui demander de répondre
seul
à des questions qui s'adressaient jusqu'alors à
l'ensemble de la classe ?
Le principe même d'une société est de
rassembler
des individus particuliers, avec des compétences
particulières, qui enrichissent par celles-ci le groupe
classe.
Pourquoi n'y a-t-il pas d'évaluations collectives dans ce
cas?
Peut-être parce que le système, scolaire ou autre,
ne veut
pas considérer une dynamique de groupe ou qu'il veut, en
réalité, casser cette force. L'« effet
de meute
» a toujours fait peur ! Contrôler un individu
isolé
est beaucoup plus simple. Alors on prône l'individu,
isolé
du groupe, et certains éléments se hissent en
haut de
l'échelle, auréolés des lauriers de la
réussite personnelle. En fait, on les hisse à ces
sommets
en leur vantant les mérites de l'écrasement
d'autrui,
puisqu'il ne peut y avoir qu'un seul premier.
L'autre devient un rival, il n'est plus un allié.
Il est malheureux de constater que, en continuant à
évaluer
les élèves individuellement, on cautionne une
société éclatée,
où l'on valorise
les diplômes et non les motivations ou les aspirations de
chacun.
Ce qu'un élève peut apporter au groupe n'a aucune
valeur.
Et parfois ça commence dès la maternelle, pour
ceux qui
ont le privilège d'avoir un livret d'évaluation
de leur
toute jeune scolarité… et pourtant, quel est
l'objectif
fondamental de la maternelle ? N'est-ce pas la socialisation? Sous ce
terme on regroupe des notions comme le travail en groupe, le partage,
l'entraide, la coopération. Est-ce cela qu'on
évalue ?
Bien sûr que non, puisque ce n'est pas quantifiable.
L'individu aurait donc une valeur. Il s'apparente à une
somme de
résultats et sa capacité à trouver sa
place ou sa
caste dans un groupe s'effectue à coups
d'évaluations :
un
coup de maths à droite, un coup de dictée
à gauche
et hop le voilà bien cadré !
Mais il y a pire encore, un enfant fragile peut céder
à
la panique devant un problème qu'il ne peut
résoudre seul
et en arriver à se remettre en cause en tant qu'individu. Il
y a
des âges (mais y en a-t-il vraiment ?) où
l'amalgame entre
ce que je suis et ce que je vaux se fait très vite : il
échoue en tant qu'élève, donc il est
nul, dans le
sens qu'il n'est rien. Là, l'institution fait
très fort,
elle inculque la négation de soi. La pression est si forte
chez
certains ados ou plus jeunes que dans le meilleur des cas ils renoncent
à apprendre et se moquent des notes ; mais il y a ceux qui
se
sont pris au jeu de la performance et de l'excellence sans faille et
qui s'effondrent à la plus petite contre-performance. Et cet
effondrement peut conduire aux actes les plus extrêmes comme
le
suicide. Alors, bravo à cette institution qui pousse des
jeunes
à se dévaloriser à ce point et
à se
réduire à néant. En revanche, on n'a
jamais vu une
classe entière mettre fin à ses jours parce
qu'elle
n'avait pas trouvé la solution !